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Les conférences


En raison de la défection de Mélanie Clément-Fontaine à qui nous souhaitions un prompt rétablissement, Olivier Blondeau assurera la conférence de mardi matin.


  • Olivier Blondeau



    • Intervention à 10h, Amphi III, mardi 25 septembre

    • Présentation:
      • Libres Enfants du Savoir Numérique
      • "Libres enfants du savoir numérique" une anthologie du "Libre" par Olivier Blondeau & Florent Latrive.
        Avec l'apparition du numérique, les 'créations' se détachent lentement de leurs supports matériels. Images, musique, mots et algorithmes sillonnent la planète jour et nuit, devant les yeux écarquillés des marchands. L'exode du savoir conduit à une terre promise à bien des bouleversements. Tandis que des armées de juristes s'interrogent sur la manière de pouvoir 'vendre des idées', une rumeur s'élève laissant entendre qu'elles doivent être libres comme l'eau, libres comme l'air, libre comme la connaissance. Du logiciel libre au MP3, du droit de citation au plagiat considéré comme un des beaux arts, Richard Stallman, Bruce Sterling, John P. Barlow, Richard Barbrook, Philippe Quéau, Florent Latrive, Olivier Blondeau, Bernard Lang, Ram Samudrala, Negativland, Benjamin Drieu, Michael Stutz, Eric S. Raymond, Critical Art Ensemble, Jean-Michel Cornu, Michel Valensi et Antoine Moreau dessinent les contours d'une communauté hétérodoxe du "Libre".

        La gratuité sur Internet a fait couler beaucoup d'encre depuis quelques années. Certains y ont même vu les prémices d'un nouveau modèle économique à l'ère du numérique et des réseaux télématiques. Malgré les doutes émis par quelques "rabat-joie", sceptiques quant à la viabilité à terme d'un tel modèle, nombreux sont ceux qui ont cédé à l'enthousiasme pour le moins communicatif des start-up et autres dotcom. Sites ou boîtes à lettres littéralement inondés de publicité, fichiers contenant des données personnelles vendues au prix fort: la facture du gratuit était loin d'être négligeable pour l'utilisateur qui n'avait pas d'autres alternatives que d'être pollué par des méthodes particulièrement agressives de publicité et d'hypothéquer son intimité.
        Il faut dire que la notion de gratuité est particulièrement prégnante sur Internet. Elle puise en effet ses racines dans son histoire même, conçue à l'origine comme un réseau d'échange entre universitaires, profondément, presque viscéralement, attachés aux valeurs de don, de coopération et de liberté d'expression propres à la communauté scientifique. Cette logique de don répond en fait à une nécessité vitale dans le domaine scientifique: toute forme de malthusianisme aurait en effet des effets ravageurs sur l'avancée des savoirs.
        Mais voilà, ce qui est valable à l'université de Berkeley l'est-il aussi à la Bourse de Wall Street? À l'évidence, non: le modèle économique de la gratuité révèle, dans toute sa nudité, la part de cynisme dont il était porteur. Contre toutes les règles établies affirmant que le besoin suscitait la demande, les stratèges du gratuit ont fabriqué de toutes pièces la demande, en habituant les futurs consommateurs à se servir de produits très performants pour proposer ensuite l'offre en la rendant payante, naturellement.
        Stratégie très habile puisqu'elle permettait en outre d'imposer ainsi ses propres standards. Tout porte à croire que la récréation est aujourd'hui terminée et qu'il va bien falloir passer à la caisse. Avec la fermeture annoncée de principaux serveurs gratuits de listes de diffusion gratuites, la raréfaction des encodeurs puis des "players" gratuits, la volonté de certaines entreprises de récupérer leurs brevets sur les formats qu'elles avaient jusqu'à présent laissés gracieusement à la disposition des créateurs (GIF, MP3), de nombreux signes indiquent que la tendance est au retour des principes économiques, disons  plus orthodoxes, privilégiant la logique de la rareté sur celle, finalement moins lucrative, de la libre circulation.
        Pour contrer cette tendance, que l'on peut d'ores et déjà anticiper comme durable, certains pensent pouvoir encore s'en tirer par le piratage, comptant sur le fait que ces lointaines entreprises ne pourront pas contrôler la provenance de toutes les copies installées. Ce raisonnement n'est probablement pas irrationnel à court terme, mais ne tiendra pas longtemps face aux efforts, à la fois technologiques et juridiques, mis en oeuvre pour endiguer le piratage de logiciel.
        Est-ce à dire que les internautes sont désormais condamnés à payer des milliers de francs pour payer une liste de diffusion, un logiciel permettant de créer un fichier de musique ou un site Web? Le glas d'un Internet associatif, non marchand, libre et solidaire a-t-il sonné?
        Sûrement pas. En abandonnant le modèle du gratuit, nul doute que le modèle du (logiciel) libre devienne l'alternative prédominante à la marchandisation du Net. A peu de chose près, tous les outils, systèmes d'exploitation, logiciels, formats existent désormais pour que les internautes décident de "migrer" vers le monde du logiciel libre. En devenant, depuis quelques mois, particulièrement virulentes vis-à-vis de ce dernier, les grandes entreprises du secteur informatiques (Microsoft, Adobe, etc.) ne s'y trompent pas: voilà l'ennemi de la marchandisation du Web.
        (Extrait article le Monde Interactif du 6 juillet 2001)

    • qualité:
      • Olivier Blondeau est sociologue. Spécialiste de la cyberrésistance, il a co-écrit "Libres Enfants du Savoir Numérique" avec Florent Latrive aux Editions de l'Eclat, une incontournable anthologie de textes relatifs à l'univers du "libre", signés par Richard Stallman, Critical Art Ensemble et d'autres pionniers de l'Internet indépendant.


    • Documentation:
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